Statut Marchand de Biens : Quel Statut Choisir ?

5 min
Anton JegoAnton Jego
Statut Marchand de Biens : Quel Statut Choisir ?

SAS, SARL, EURL ou SCI : quel statut juridique choisir pour votre activité de marchand de biens en 2026 ? Comparatif, fiscalité et conseils.

Statut Marchand de Biens : Quel Statut Choisir ?

Devenir marchand de biens, c'est exercer une activité commerciale d'achat-revente immobilière. Mais avant même de chercher votre première opération, une question structurante se pose : quel statut juridique choisir pour votre activité de marchand de biens ? Ce choix détermine votre fiscalité, votre protection patrimoniale, vos charges sociales et votre capacité à lever des financements.

SAS, SARL, EURL, SASU, SCI... les options sont nombreuses, mais toutes ne sont pas adaptées — et certaines sont tout simplement interdites. Dans ce guide, nous analysons chaque statut marchand de biens en détail pour vous aider à faire un choix structuré en 2026.

~26 000
marchands de biens actifs en France en 2020, composant un secteur dominé par les très petites structures
Source: INSEE – Fiche sectorielle 681 (ESANE 2020)

Pourquoi le choix du statut est déterminant pour un marchand de biens

Le statut juridique n'est pas une simple formalité administrative. Pour un marchand de biens, il conditionne directement trois dimensions essentielles de votre activité.

La fiscalité : selon la forme juridique, vous serez soumis à l'impôt sur le revenu (IR) ou à l'impôt sur les sociétés (IS). Or, les marges réalisées sur les opérations d'achat-revente peuvent être importantes. Un mauvais choix fiscal peut vous coûter des dizaines de milliers d'euros par opération.

La protection du patrimoine personnel : l'activité de marchand de biens implique des engagements financiers significatifs (acquisition, travaux, portage). Votre structure doit protéger vos biens personnels en cas de difficulté.

La crédibilité bancaire : les banques et partenaires financiers regardent votre structure juridique avant de vous accorder un prêt. Une SAS ou une SARL avec un capital social cohérent inspire davantage confiance qu'une micro-entreprise.

Note

Rappel : le marchand de biens est un commerçant

L'activité de marchand de biens est une activité commerciale par nature (achat en vue de la revente avec intention spéculative). Elle nécessite obligatoirement une structure juridique commerciale. Les formes civiles comme la SCI ne sont pas adaptées et exposent à une requalification fiscale.

Pour bien comprendre l'ensemble de cette activité, consultez notre guide complet du marchand de biens.

La SAS / SASU : le statut privilégié des marchands de biens

La SAS (Société par Actions Simplifiée) et sa version unipersonnelle, la SASU, sont aujourd'hui les formes juridiques les plus utilisées par les marchands de biens. La raison est simple : elles combinent souplesse statutaire, crédibilité auprès des partenaires et optimisation fiscale sur les dividendes.

Avantages de la SAS pour un marchand de biens

  • Liberté statutaire totale : les statuts de la SAS sont librement rédigés. Vous pouvez prévoir des clauses d'agrément, des droits de vote différenciés, des conditions d'entrée et de sortie des associés adaptées à votre activité.
  • Dividendes non soumis aux cotisations sociales : contrairement à la SARL, les dividendes versés par une SAS ne supportent que les prélèvements sociaux (17,2 %) et la flat tax (30 % au total). Aucune cotisation sociale supplémentaire.
  • Image professionnelle : la SAS est perçue comme une structure sérieuse et moderne. Les banques, notaires et investisseurs lui accordent davantage de crédibilité.
  • Facilité d'entrée d'associés : si vous souhaitez monter des opérations avec des partenaires ou investisseurs, la SAS permet d'accueillir facilement de nouveaux associés via l'émission d'actions.
  • Responsabilité limitée aux apports : votre patrimoine personnel est protégé. Seul le capital investi dans la société est engagé.

Inconvénients de la SAS

  • Charges sociales élevées sur la rémunération : le président de SAS est assimilé salarié. Les cotisations sociales représentent environ 75 à 82 % de la rémunération nette versée, contre ~45 % pour un gérant majoritaire de SARL.
  • Coût de création et de gestion : la rédaction des statuts sur mesure, les obligations comptables et les formalités sont plus coûteuses qu'en SARL.
  • Pas de régime TNS : le dirigeant de SAS ne peut pas bénéficier du régime des travailleurs non salariés, même s'il est associé unique (SASU).
~82 %
de charges sociales sur la rémunération du président de SAS (assimilé salarié), contre ~45 % pour le gérant majoritaire de SARL (TNS)
Source: Service Public Entreprendre – Cotisations sociales SAS
Conseil

Stratégie courante en SAS

Beaucoup de marchands de biens en SAS se versent une rémunération minimale (pour limiter les charges sociales élevées) et privilégient la distribution de dividendes soumis à la flat tax de 30 %. Cette stratégie est particulièrement avantageuse lorsque les marges par opération sont importantes.

La SARL / EURL : un cadre encadré et des charges allégées

La SARL (Société à Responsabilité Limitée) et son équivalent unipersonnel, l'EURL, offrent un cadre juridique plus strict mais avec un avantage de taille : des cotisations sociales nettement inférieures pour le gérant majoritaire.

Avantages de la SARL pour un marchand de biens

  • Cotisations sociales réduites : le gérant majoritaire relève du régime TNS (Travailleur Non Salarié). Les cotisations représentent environ 40 à 45 % de la rémunération, soit presque moitié moins qu'en SAS.
  • Cadre juridique clair : la SARL est très encadrée par le Code de commerce. Moins de liberté statutaire, mais aussi moins de risque d'oubli ou de mauvaise rédaction.
  • Responsabilité limitée aux apports : comme en SAS, votre patrimoine personnel est protégé.
  • Option IR temporaire : l'EURL permet d'opter pour l'impôt sur le revenu, ce qui peut être avantageux les premières années si les bénéfices sont faibles.
  • Capital social libre : comme pour la SAS, le capital minimum est de 1 €, même si un capital de 5 000 à 10 000 € est recommandé pour la crédibilité.

Inconvénients de la SARL

  • Dividendes soumis aux cotisations sociales : au-delà de 10 % du capital social, les dividendes versés au gérant majoritaire de SARL sont soumis aux cotisations sociales TNS (~45 %). C'est le principal désavantage par rapport à la SAS.
  • Rigidité statutaire : les statuts de la SARL sont très encadrés par la loi. Moins de flexibilité pour organiser la gouvernance ou accueillir des investisseurs.
  • Nombre d'associés limité à 100 : bien que rarement un problème pour un marchand de biens, c'est une contrainte structurelle.
  • Protection sociale moindre : le régime TNS offre une couverture sociale moins avantageuse que le régime assimilé salarié (notamment en cas d'arrêt maladie ou pour la retraite).

La SARL est particulièrement pertinente pour un marchand de biens qui souhaite se verser une rémunération régulière plutôt que des dividendes ponctuels. Les charges sociales étant plus faibles, le coût total de la rémunération est inférieur à celui d'une SAS.

La SCI : une fausse bonne idée pour le marchand de biens

La SCI (Société Civile Immobilière) est souvent évoquée par les investisseurs immobiliers. Mais pour une activité de marchand de biens, elle est juridiquement inadaptée et fiscalement dangereuse.

Important

Attention : la SCI est incompatible avec l'activité de marchand de biens

La SCI a un objet civil (détention et gestion de biens immobiliers). L'achat-revente à titre habituel et spéculatif est une activité commerciale. Utiliser une SCI pour faire du marchand de biens expose à une requalification fiscale par l'administration, avec des conséquences lourdes : assujettissement rétroactif à l'IS, application de la TVA, pénalités de 40 % pour manquement délibéré.

L'administration fiscale et la jurisprudence sont claires : dès lors que les opérations d'achat-revente présentent un caractère habituel et procèdent d'une intention spéculative, la société est requalifiée en marchand de biens. La SCI perd alors sa transparence fiscale et se retrouve soumise à l'impôt sur les sociétés, à la TVA sur les ventes, et à des pénalités rétroactives.

La SCI reste en revanche parfaitement adaptée à la détention patrimoniale de biens locatifs ou à la gestion d'un patrimoine familial. Si vous souhaitez à la fois détenir des biens en location et faire de l'achat-revente, la solution consiste à créer deux structures distinctes : une SCI pour le patrimoine locatif et une société commerciale (SAS ou SARL) pour l'activité de marchand de biens.

L'auto-entreprise (micro-entreprise) : un statut interdit pour le marchand de biens

Beaucoup d'entrepreneurs envisagent la micro-entreprise pour sa simplicité. Mais ce statut est tout simplement inaccessible pour l'activité de marchand de biens.

  • Plafond de chiffre d'affaires trop bas : le seuil de la micro-entreprise pour les activités d'achat-revente est de 188 700 € en 2026. Une seule opération immobilière dépasse généralement ce montant.
  • Pas de déduction des charges : en micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire le prix d'achat du bien, les travaux, les frais de notaire, etc. L'imposition se fait sur le chiffre d'affaires, pas sur la marge. C'est économiquement absurde pour du marchand de biens.
  • Aucune protection du patrimoine : en micro-entreprise, votre patrimoine personnel est engagé. Avec des opérations à plusieurs centaines de milliers d'euros, le risque est inacceptable.

Le statut d'auto-entrepreneur est donc à exclure définitivement. Tournez-vous vers une structure sociétaire (SAS, SARL ou leurs variantes unipersonnelles) pour exercer en tant que marchand de biens.

Tableau comparatif des statuts pour marchand de biens

Voici une synthèse des principaux critères de choix entre les statuts juridiques adaptés (ou non) à l'activité de marchand de biens.

CritèreSAS / SASUSARL / EURLSCIAuto-entreprise
Activité MdB autoriséeOuiOuiNon (risque de requalification)Non (plafond CA trop bas)
Régime fiscalIS (par défaut)IS (par défaut, option IR en EURL)IR (transparence) ou IS sur optionIR (micro-BIC)
Taux IS réduit (15 %)Sur les 42 500 premiers € de bénéficeSur les 42 500 premiers € de bénéficeN/AN/A
Cotisations sociales dirigeant~75-82 % (assimilé salarié)~40-45 % (TNS gérant majoritaire)Pas de régime social propre~12,3-22 % (micro-social)
DividendesFlat tax 30 %, pas de cotisations socialesCotisations sociales au-delà de 10 % du capitalRépartition aux associés (IR)N/A
Capital social minimum1 €1 €Variable (pas de minimum)Pas de capital
Nombre d'associés1 à illimité1 à 1002 minimum1 (entreprise individuelle)
Souplesse des statutsTrès grandeEncadrée par la loiGrandeAucune (pas de statuts)
Protection du patrimoineLimitée aux apportsLimitée aux apportsLimitée aux apportsPatrimoine personnel engagé
Crédibilité bancaireExcellenteBonneFaible pour MdBTrès faible pour MdB
15 %
taux réduit d'IS applicable aux PME sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (seuil potentiellement relevé à 100 000 € dans le PLF 2026)
Source: Service Public Entreprendre

La fiscalité du marchand de biens selon le statut choisi

La fiscalité est l'un des critères les plus déterminants dans le choix du statut marchand de biens. Voici les principaux mécanismes à comprendre.

L'impôt sur les sociétés (IS)

La grande majorité des marchands de biens exercent sous le régime de l'IS (SAS, SARL à l'IS). Les bénéfices sont imposés au niveau de la société : 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice annuel (taux réduit PME), puis 25 % au-delà. Ce taux réduit est accessible aux entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 millions d'euros et dont le capital est détenu à 75 % minimum par des personnes physiques.

L'avantage de l'IS : vous ne payez l'impôt que sur les bénéfices réellement réalisés, après déduction de toutes les charges (prix d'achat, travaux, frais de notaire, honoraires, intérêts d'emprunt, etc.). Et vous ne payez de l'impôt sur le revenu personnel que lorsque vous vous versez une rémunération ou des dividendes.

La TVA sur marge

Le marchand de biens est assujetti à la TVA. Mais un régime spécifique s'applique : la TVA sur marge. Au lieu de calculer la TVA sur le prix de vente total, elle se calcule sur la différence entre le prix de revente et le prix d'achat (la marge). Ce régime s'applique lorsque le bien a été acquis auprès d'un particulier ou d'un assujetti exonéré de TVA.

Depuis les arrêts du Conseil d'État de 2020, les conditions d'application de la TVA sur marge se sont durcies. Deux conditions cumulatives doivent être réunies : l'identité juridique du bien (le bien revendu doit être identique à celui acheté) et l'absence de droit à déduction lors de l'acquisition. En cas de division parcellaire ou de transformation importante, la TVA sur le prix total peut s'appliquer.

5 ans
délai de revente pour bénéficier de l'exonération des droits de mutation (article 1115 du CGI) — engagement pris devant notaire lors de l'acquisition
Source: BOFiP – Régime spécial des achats destinés à la revente (art. 1115 CGI)

Les droits de mutation réduits

L'un des avantages fiscaux majeurs du marchand de biens est la possibilité de bénéficier de droits de mutation réduits à l'acquisition. En vertu de l'article 1115 du Code général des impôts, le marchand de biens qui s'engage à revendre le bien dans un délai de 5 ans bénéficie d'une exonération des droits de mutation classiques (environ 7-8 % pour un bien ancien). Seul un droit fixe réduit est alors dû.

Cet avantage est indépendant du statut juridique choisi (SAS, SARL, EURL...) mais nécessite que la société exerce effectivement une activité de marchand de biens et que l'engagement de revente soit formellement pris dans l'acte d'acquisition.

Comment choisir le bon statut : arbre de décision

Le choix du statut marchand de biens dépend de votre situation personnelle et de votre stratégie. Voici les questions clés à vous poser.

Vous exercez seul

Si vous vous lancez seul dans l'activité de marchand de biens, vous avez le choix entre la SASU et l'EURL.

  • Privilégiez la SASU si vous comptez vous rémunérer principalement en dividendes (flat tax à 30 %, pas de cotisations sociales). C'est le choix optimal si vos opérations génèrent des marges significatives et que vous préférez capitaliser dans la société.
  • Privilégiez l'EURL si vous souhaitez vous verser une rémunération mensuelle régulière. Les cotisations sociales TNS (~45 %) sont plus faibles que celles du régime assimilé salarié (~82 %), ce qui réduit le coût total de votre rémunération.

Vous exercez avec des associés

Si vous montez vos opérations avec un ou plusieurs partenaires, le choix se fait entre la SAS et la SARL.

  • Privilégiez la SAS si vous souhaitez une grande souplesse dans l'organisation des pouvoirs, si vous envisagez de faire entrer des investisseurs, ou si vous voulez pouvoir créer des catégories d'actions différenciées.
  • Privilégiez la SARL si vous recherchez un cadre juridique plus simple et encadré, avec des cotisations sociales réduites pour le ou les gérants majoritaires.

Le capital social : combien investir ?

Le capital social minimum est de 1 euro pour la SAS comme pour la SARL. Mais en pratique, pour un marchand de biens, un capital trop faible pose plusieurs problèmes : les banques seront réticentes à vous financer, les fournisseurs et notaires questionneront votre sérieux, et en SARL, un capital faible augmente l'assiette des cotisations sociales sur les dividendes (seuil des 10 %).

En pratique, la plupart des marchands de biens créent leur société avec un capital compris entre 10 000 € et 50 000 €, selon l'ambition des premières opérations. Un capital de 20 000 € constitue un bon point de départ : il rassure les partenaires et permet de couvrir les premiers frais (création, comptable, recherche de biens, apport personnel sur la première opération).

1 €
capital social minimum légal pour créer une SAS ou une SARL, bien que les experts recommandent entre 5 000 € et 10 000 € minimum pour la crédibilité
Source: Service Public Entreprendre

Les démarches de création d'une société de marchand de biens

Quelle que soit la forme juridique choisie (SAS, SARL, EURL, SASU), les étapes de création sont similaires.

  1. Rédiger les statuts : définissez l'objet social (achat-revente de biens immobiliers), le capital social, la répartition des parts ou actions, les modalités de gouvernance. Faites-vous accompagner par un avocat ou un expert-comptable spécialisé.
  2. Déposer le capital social : ouvrez un compte bancaire professionnel et déposez le capital. En SARL, 20 % minimum doit être libéré à la création. En SAS, 50 % minimum.
  3. Publier une annonce légale : publication obligatoire dans un journal d'annonces légales du département du siège social.
  4. Immatriculer la société : déposez le dossier complet sur le guichet unique de l'INPI. Vous recevrez votre extrait Kbis, indispensable pour exercer.
  5. Souscrire une assurance RC Pro : bien que non obligatoire légalement, la responsabilité civile professionnelle est fortement recommandée. Elle couvre les litiges liés aux vices cachés et aux malfaçons.
  6. Ouvrir un compte bancaire professionnel : indispensable pour la comptabilité et les opérations financières de votre activité de marchand de biens.

Le coût total de création varie entre 500 € et 2 500 € selon que vous rédigez les statuts vous-même ou faites appel à un professionnel. Comptez un délai de 2 à 4 semaines entre le début des démarches et la réception du Kbis.

Alternative : investir dans l'immobilier sans créer de structure

Créer une société de marchand de biens demande du temps, du capital, des compétences juridiques et fiscales, et surtout une expertise opérationnelle pour sourcer, négocier et gérer des opérations d'achat-revente. Ce n'est pas accessible à tous — et ce n'est pas forcément nécessaire pour obtenir des rendements attractifs dans l'immobilier.

Pour les investisseurs qui souhaitent accéder aux rendements de l'immobilier opérationnel sans créer de structure juridique, le co-investissement immobilier offre une alternative intéressante. Des plateformes comme {{LINK||Offstone||https://offstone.fr}} permettent à des investisseurs privés de co-investir aux côtés de professionnels dans des opérations off-market (marchands de biens, promotion, rénovation). Le ticket d'entrée démarre à 20 000 €, avec des rendements cibles de 10 à 14 % net annualisés.

L'avantage : vous bénéficiez de l'expertise opérationnelle de professionnels expérimentés, d'un accès à des deals off-market habituellement réservés aux initiés, et d'une diversification de votre exposition immobilière — le tout sans avoir à gérer les contraintes administratives, comptables et fiscales d'une société de marchand de biens.


Les erreurs fréquentes à éviter dans le choix du statut

Voici les pièges les plus courants observés chez les marchands de biens débutants.

  1. Utiliser une SCI pour faire de l'achat-revente : comme expliqué plus haut, c'est le moyen le plus sûr de déclencher un contrôle fiscal et une requalification. Si vous possédez déjà une SCI patrimoniale, ne l'utilisez jamais pour des opérations de marchand de biens.
  2. Créer une société avec 1 € de capital : légalement possible, mais désastreux en pratique. Les banques refuseront de vous financer, et votre crédibilité auprès des vendeurs et des notaires sera nulle.
  3. Choisir la SAS uniquement pour les dividendes : si vous comptez vous verser une rémunération régulière importante, la SARL sera souvent plus avantageuse. Faites des simulations chiffrées avec votre expert-comptable avant de choisir.
  4. Négliger l'accompagnement juridique et comptable : les enjeux fiscaux du marchand de biens (TVA sur marge, droits de mutation, IS) sont complexes. Un mauvais paramétrage initial peut coûter très cher. Investissez dans un expert-comptable spécialisé en immobilier.
  5. Oublier l'engagement de revente : si vous ne prenez pas l'engagement de revente dans les 5 ans lors de l'acte d'achat, vous perdez le bénéfice des droits de mutation réduits. C'est irréversible.

FAQ : statut marchand de biens

Questions fréquentes

Peut-on être marchand de biens en auto-entrepreneur ?
Non. Le statut d'auto-entrepreneur (micro-entreprise) n'est pas adapté à l'activité de marchand de biens. Le plafond de chiffre d'affaires est trop bas (188 700 € en 2026), les charges ne sont pas déductibles, et le patrimoine personnel n'est pas protégé. Il faut créer une société commerciale (SAS, SARL, EURL ou SASU).
Quel est le meilleur statut pour un marchand de biens débutant ?
Pour un marchand de biens qui se lance seul, la SASU est souvent le meilleur choix : elle offre une grande souplesse statutaire, une responsabilité limitée, et permet de se rémunérer en dividendes sans cotisations sociales. Si vous préférez une rémunération mensuelle régulière, l'EURL avec gérant majoritaire peut être plus avantageuse grâce à des charges sociales plus faibles.
Peut-on exercer comme marchand de biens en SCI ?
Non, la SCI a un objet civil et n'est pas compatible avec l'activité commerciale de marchand de biens. L'administration fiscale peut requalifier la SCI en société commerciale, entraînant un assujettissement rétroactif à l'IS, l'application de la TVA sur les ventes, et des pénalités pouvant atteindre 40 % pour manquement délibéré.
Combien de capital faut-il pour créer une société de marchand de biens ?
Le capital minimum légal est de 1 € pour une SAS ou une SARL. En pratique, un capital de 10 000 à 50 000 € est recommandé pour assurer la crédibilité de votre structure auprès des banques et des partenaires, et pour financer les premiers frais d'exploitation. En SARL, un capital plus élevé est aussi pertinent pour optimiser le seuil de 10 % sur les dividendes.
Quelle est la différence fiscale entre SAS et SARL pour un marchand de biens ?
Les deux structures sont soumises à l'IS dans les mêmes conditions (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà). La différence majeure porte sur le traitement social : en SAS, les dividendes ne supportent que la flat tax (30 %). En SARL, les dividendes dépassant 10 % du capital social sont soumis aux cotisations sociales TNS (~45 %). En revanche, la rémunération du gérant de SARL coûte moins cher en charges sociales.
Faut-il un diplôme pour devenir marchand de biens ?
Non, aucun diplôme ni carte professionnelle n'est requis pour exercer l'activité de marchand de biens en France. Il suffit de créer une société avec un objet social adapté et de s'immatriculer au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). Cependant, des compétences solides en immobilier, droit, fiscalité et négociation sont indispensables pour réussir.
Peut-on être salarié et marchand de biens en même temps ?
Oui, il est possible de cumuler un emploi salarié et une activité de marchand de biens, à condition de respecter les clauses de votre contrat de travail (non-concurrence, exclusivité, loyauté). La création d'une SASU ou EURL permet d'exercer cette activité en parallèle. Vérifiez toutefois l'absence de clause restrictive dans votre contrat de travail.

Conclusion : quel statut marchand de biens choisir en 2026 ?

Le choix du statut marchand de biens n'est pas anodin. Il engage votre fiscalité, votre protection patrimoniale et votre capacité à financer vos opérations. Pour résumer :

  • SAS / SASU : le choix de la souplesse et de l'optimisation par les dividendes. Idéal si vous visez des marges importantes et privilégiez la capitalisation.
  • SARL / EURL : le choix de la rémunération régulière à moindre coût social. Adapté si vous souhaitez vous verser un salaire mensuel.
  • SCI : à proscrire pour l'activité de marchand de biens. Réservée à la détention patrimoniale.
  • Auto-entreprise : impossible pour le marchand de biens. Plafond trop bas, pas de déduction des charges.

Dans tous les cas, faites-vous accompagner par un expert-comptable spécialisé en immobilier pour valider votre choix et optimiser votre structure dès le départ. Un mauvais paramétrage fiscal peut coûter beaucoup plus cher que les honoraires d'un bon conseil.

Et si vous préférez investir dans l'immobilier opérationnel sans les contraintes de la création et de la gestion d'une structure, le co-investissement via Offstone vous donne accès aux mêmes types d'opérations (marchand de biens, promotion, rénovation) avec un ticket d'entrée à 20 000 € et des rendements cibles de 10 à 14 % net.